L’INSALUBRITE DE LA BAIE DE HANN, Le décor macabre de l’une des plus belles baie d’Afrique
La baie de Hann vit une situation dramatique à cause de son insalubrité. Sur cette baie, cadavres d’animaux, déchets plastiques et d’effluents domestiques campent le décor. Les populations riveraines de Hann dénoncent l’irresponsabilité des élus locaux devant le calvaire. A travers les activités de bénévolats, les jeunes et vieux du quartier essayent de sauver la baie.
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| A la baie de Hann, les plastiques siont jétées sur tout le trajet. CP Ibrahima Diouf, 01/05/2024 |
Sur le long trajet de plus d’un kilomètre, les plastiques sont éparpillés un peu partout sur le sable en face de l’entrée maritime de Dakar. Ces plastiques sont entre autres des bouteilles d’eau d’industries de marques « casamançaise » « Kirène » et « Seo » parfois. A côté de ces géants marques, l’irresponsabilité humaine suscite le raisonnement, un pneu sur le feu éjecte la fumée vers le ciel comme la marmite sur le bois morte qui s’active pour la cuisson. Plastique sur plastique, se servent d’allumage contribuant à la dégradation de la couche d’ozone. A la baie de Hann, les chiens et les chats font la balade sur la dune. Cet endroit longtemps considéré comme l’une des plus belles baie d’Afrique par sa beauté et son attirance touristique, est vide de personnes ce dimanche matin.
Carte de la région de Dakar nous offre une vue de la basse de la baie
Le mea-culpa excessif de deux camps.
Assis par terre, Aly Ndoye, jeune pécheur lébou coudre son filet et prépare le périple vespéral. Il habite à Hann depuis sa naissance. Pour savoir les causes de l’insalubrité du milieu, votre serviteur essaye d’entrer en contact avec le jeune homme en T-shirt noir sur lequel une représentation de la célèbre chanteuse américaine, Madonna, celle-ci sur scène avec son micro. Réticent au départ par le fait de la sensibilité du sujet du jour, Aly s’est prononcé sur ce qu’il qualifie de catastrophe causé par deux camps différents. Pas loin de là, en face, un grand canal déverse à d’intensité incommensurable des eaux usées, ces eaux d’une odeur nauséabonde viennent directement d’industries non loin de la baie de Hann soutient le jeune pécheur au visage crispé. Vous voyez ces eaux-là qui changent la couleur de la mer, elles viennent directement des usines, « nioo yak sunu plage bi yep », c’est eux qui ont dégradé ce milieu. Suivant son argumentaire, le jeune pécheur n’épargne pas ses voisins, qu’il taxe de tous les noms en parallèle avec le civisme. « Le manque de civisme de quelques passants et des habitants riverains est bien démontré par ces actes que vous voyez devant vous ». En effet, le jeune d’une vingtaine d’année insiste sur laa présence du pneu sur le feu, des tas de plastique çà et là ; mais aussi le canal qui déverse les eaux usées dans la mer. Ces dégâts ont-ils des conséquences selon vous ? demande votre serviteur d’une voix non salant. « Bien sûr que oui ». « Je peux témoigner qu’il y a années de cela, nos activités marchent bien, nous parvenons à faire de bonne pèche ; mais c’est le contraire aujourd’hui. « Pourquoi ? », « Parce que jeen yi dawnagn » il n y a plus de poissons réplique Aly, le pécheur de Hann.
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| Un pneu, des bouteilles de plastique prennent flamme à la baie de Hann , 01 Mai 2024, CP Ibrahima DIOUF |
Entre recul des élus locaux et le service à la communauté pour sauver la baie.
Autrefois réputée pour être l'une des plus belles plages du Sénégal, la baie de Hann connait aujourd'hui un grave problème de pollution, causé notamment par l'évacuation non-régulée des effluents industriels. Cela fait plus de deux décennies que les habitants alertent les autorités au problème, mais un vaste projet de dépollution de la baie, lancé en 2018 par le gouvernement tarde à se concrétiser. Lorsque le soleil darde ses rayons sur Dakar, à la baie, de petits pécheurs s’apprêtent à débarquer au quai d’en face où les femmes sécher les poissons. Aux environs de onze heures vingt-cinq, sur ce même lieu, d’autres femmes pratiquent le fumage de poisson. Votre serviteur déambule avec un appareil photo de marque Kanon. Une femme des lieux aperçoit son arrivé, lui questionna ses préoccupations. Le premier répond précipitamment : « nous sommes venus pour faire un tour », la dame rétorqua « à quoi sert l’appareil que vous avez entre les mains » à votre serviteur de répondre « c’est juste pour prendre des images », « mba jélognu rek, » réplique celle qui était en tenue beige, son foulard bleu ciel difficile à identifier, tellement noirci par la fumée, lui qui est venu faire un tour répond poliment « si vous me le permettez oui ». La femme qui ne souhaite pas être exposée refuse d’autoriser l’occasion au jeune photojournaliste de réaliser une clichée. Pour savoir si elle est au courant des politiques prises par l’état sur la question de la baie de hann, nous lui demandons son avis sur l’insalubrité, ce qu’elle trouve anormale. Nafi pour garder son anonymat, dit que la mairie ne fait aucuns efforts pour nettoyer régulièrement la baie de hann. Quant à l’Etat du Sénégal, elle trouve que celui-ci est le plus grand fautif, pour des raisons simples : « Depuis des années nous entendons qu’un soi-disant projet avec plus des milliards a été élaborée pour éradiquer ces déchets, mais jusqu’à présent nous ne voyons ni chantier ni changement ici.» Elle compte ne pas s’arrêter, Nafi soutient que si aujourd’hui cette est fréquentable par quelques gens c’est grâce aux activités bénévoles de quelques associations basées à Dakar et les populations de Hann. Nous faisons de notre de telle sorte que la baie reprend sa situation d’antan, termina la femme en sueur sous le chaud soleil du dimanche. Il est déjà midi, c’est à cette heure que votre serviteur décide quitter hann. La situation de la baie ne peut laisser qi que ce soit indifférent. Ces comportements seront-ils endiguer ?
Ibrahima
DIOUF


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